3096 jours de Natascha kampusch

Titre : 3096 jours
Titre original : 3096 tage
Auteur : Natascha Kampusch
Édition et parution : JC Lattès, 2010
Nombre de pages : 250

Quatrième de couverture : Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l’école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d’une trentaine d’années. Elle réussira à s’échapper après 3096 jours. Voici le récit de cette captivité terrible : pendant dix ans, elle restera enfermée dans une pièce de 5 mètres carrées, la plupart du temps dans le noir et pendant les six années suivantes elle sera son esclave domestique. Sous le joug de la violence et surtout d’un terrible harcèlement psychique de son agresseur, elle réussira à  résister à  sa séquestration et à  s’enfuir. Un récit bouleversant et terriblement émouvant.

 

Extraits choisis :

« Cette société a besoin de criminels comme Wolfgang Priklopil, pour donner un visage au Mal qui l’habite et le tenir à distance. Elle a besoin de ces images de caves transformées en cachots, pour ne pas avoir à regarder dans toutes ces maisons où la violence montre sa face lisse et bourgeoise. Elle a besoin de victimes de cas spectaculaires comme le mien pour se décharger de la responsabilité des crimes quotidiens commis sur des victimes anonymes que l’on n’aide pas – même si elles réclament de l’aide. »

« A l’époque, je commençai à m’écrire quelques messages. Lorsque les choses sont couchées noir sur blanc sur le papier, elles deviennent plus tangibles. Elles atteignent un niveau auquel l’esprit peu plus difficilement échapper, elles sont devenues réalités. A partir de ce jour, je notai chaque mauvais traitement, sobrement et sans émotion. J’ai ces notes aujourd’hui encore, certaines sont couchées sur un simple bloc d’écolier de format A5, dans une belle écriture soignée. J’en ai écrit d’autres sur une feuille verte A4 aux lignes serrées. Aujourd’hui comme hier, ces notes ont le même but, car même a posteriori les petits moments positifs de ma captivité me sont plus présents à l’esprit que l’incroyable cruauté à laquelle je fus soumise pendant des années. »

« L’être humain a la capacité, même dans les situations les plus anormales, de se créer un semblant de réalité pour ne pas se perdre. Pour survivre. Cela réussit parfois mieux aux enfants qu’aux adultes. »

Mon avis :

Dans les années 80 et 90 il y a eu plein de disparitions inexpliquées de petites filles. En Belgique il y a eu Julie, Mélissa, Ann, Eefje, Sabine et Laetitia… En France il y à eu Elisabeth Brichet, Natacha Danais, et toutes les autres… Je me souviens en 1998 avoir entendu a la télévision la disparition de Natscha Kampusch une petite fille de dix ans vivant en Autriche. Dans la tête de la petite fille de dix ans que j’étais alors, toutes ce disparitions m’avaient profondément marquées et choquées…

Au fil du temps qui passait nous avons appris quel drame était arrivé à toutes ces petites filles sauf Natscha Kampusch pour laquelle c’était le silence radio, aucune nouvelles, aucunes pistes, rien. Jusqu’à ce jour du 23 août 2006 où j’ai appris a la télévision que Natascha, vivante ! s’est enfuie de chez son ravisseur ou elle était maintenue captive depuis 8 ans. Huit ans ! 3096 jours d’enfermement, de solitude, de maltraitances… Comment cette jeune fille a-t-elle bien bu supporter cela aussi longtemps ? Comment va-t-elle pouvoir revivre une vie normale après un traumatisme pareil ?

Etant assez méfiante en général de ce que racontent les médias, j’attendais avec impatience la sortie d’un livre écrit de sa main (ou pour lequel elle aurait donné son accord) afin d’en savoir un peu plus sur le drame qu’elle a vécu. Lorsque par hasard en me rendant chez ma libraire j’ai vu son livre bien en évidence dans un rayonnage, je l’ai acheté. Natascha se dévoile d’une manière très subtile et très mature dans ses raisonnements, dans ce bouquin, elle nous livre son histoire en toute simplicité et en toute honnêteté.

Certains passages sont magnifiquement écrits, ce qui nous permet de nous emplir de toute l’émotion de ces moments Ô combien difficiles qu’elle a éprouvés avant, pendant et après sa captivité. Depuis cette lecture je comprend cet étrange « lien » qui la unie a son ravisseur, je comprends son point de vue… (Ce  » lien  » qui avait tant fait jaser les médias à l’époque en le nommant syndrome de Stockholm !) Cet homme qui lui a fait subir tout cela a quand même été sa seule « famille », la seule personne qu’elle a côtoyé pendant 8 ans…

Comme elle le dit si bien dans ce livre, les gens ont tendance a tout classer en catégories, une personne peut être bonne OU mauvaise, le juste milieu n’existe pas. C’est blanc OU noir, les différentes tonalités de gris ne peuvent pas exister. Cet homme qui lui a volé 8 ans de sa vie, qui l’a maltraitée, utilisée comme un objet… Lui a quand même permis de survivre en lui rendant la vie plus « normale » par moment, en lui fournissant des livres, une télévision, une radio, etc… Cet homme pouvait donc être cruel, mais par instant il pouvait aussi être « humain » et ça pour le grand public c’est difficile a accepter.

Pour eux, une victime DOIT rester une victime et ne peut éprouver que de la haine envers son ravisseur ! Mais à la place de Natascha qu’auraient fait tous ces gens ?! Auraient-ils haï leur ravisseur ? Auraient-ils mordu la main de celui qui les nourrit, celui qui leur permet en quelque sorte de survivre ? Même si c’est cette même personne vous a mis dans cette situation. N’oublions pas que Natascha était enfant quand elle a été enlevée, une petite fille de dix ans. Un enfant c’est sincère et honnête, ça s’adapte en général mieux qu’un adulte accompli.

Je pense que la manière dont Natascha Kampusch a su gérer cette situation en étant docile mais en se rebellant par moment, lui a permis de survivre, c’est ce qui lui a permis d’être la aujourd’hui pour nous raconter son histoire. Je salue le courage de cette jeune femme et je lui souhaite de tout cœur une vie emplie de bonheur. Elle a donné sa part de souffrance, elle mérite d’être enfin heureuse et de vivre libre.

C’est un livre que je vous conseille a tous de lire.

Note : /10 Désolée mais je ne préfère pas noter les histoires vraies qui relatent de telles souffrances, je ne les note pas par respect pour ces personnes ainsi que pour leur histoire vécue… Merci de votre compréhension.

2 commentaires à 3096 jours de Natascha kampusch

  • Khiad  dit:

    Un livre témoignage qui me fait de l’œil depuis un certain temps déjà… Je pense que je finirais par craquer un de ces jours.

    Une disparition m’a marquée, c’est celle de la petite Marion, 10 ans, en 1996. Je me souviens que sa photo était partout, juste que les briques de lait. Aujourd’hui encore, elle est toujours portée disparue…

    • Tristhenya  dit:

      Je te le conseille ! Bien sûr, c’est dur à lire, mais j’estime qu’il est important de savoir ce qu’on put endurer ces jeunes filles, jusqu’au miracle de leurs réapparitions !
      Je me souviens très bien de la disparition de la petite Marion ! C’était d’ailleurs à la même époque, que l’affaire Dutroux en Belgique, il me semble…

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