Categorie Contemporaine

La croisière d’ultime espérance d’Alain Keralenn

Titre : La croisière d’ultime espérance
Auteur : Alain Keralenn
Edition et parution : France Empire, 2012
Nombre de pages : 210

Quatrième de couverture : Marie Morvan, consultante française, se rend au Japon peu après le grand séisme qui vient de frapper ce pays. Chargée de préparer la certification d’une cargaison de matières nucléaires originaires du Japon et retraitées en Europe, elle y rencontre Kenji Hosoda, un jeune ingénieur japonais. Entre eux, une relation sentimentale naissante s’établit. Or, Kenji est lié par amitié à  Samir, un chrétien d’Iraq qui l’a sauvé lors d’un séjour à  Bagdad. Tous trois se trouvent engagés dans un complot qui les mène de Tokyo à Paris, de Dubaï à Valparaiso, autour de l’itinéraire du navire transportant ces matières nucléaires. A un tournant de sa vie, Marie éprouve des sentiments amoureux qu’elle croyait oubliés. De nouveaux horizons, ceux de l’aventure et de la nouveauté, s’ouvrent à elle. Sa détermination et son intelligence la conduiront à  bouleverser sa vie. En toile de fond, l’itinéraire du navire et la croisière les conduiront à s’embarquer en Patagonie chilienne, dans la baie d’Ultime Espérance. Sur un rythme rapide, à la manière d’un scénario de cinéma, ce roman contemporain entraîne le lecteur sur les vastes avenues de la mondialisation, avec les défis qu’elle engendre.

 

Extrait choisi : Émergeant des collines, leurs pilotis lancés dans le vide, les battisses défient les lois élémentaires de la gravité. les habitants de Valparaíso s’y sont adaptés. Parfois, un tremblement de terre vient rompre ce fragile équilibre. ne dit-on pas que, si la terre chilienne produit tant de poètes, c’est qu’entre deux séismes, le temps s’avère trop court pour s’attarder sur un roman?

Mon avis :

A la fois roman politique et romance contemporaine sur fond de mondialisation, ce premier ouvrage d’un auteur – bien ancré dans la modernité de notre 21e siècle – met en scène une femme extraordinaire à laquelle il est très difficile de s’identifier. Cette  » Wonder woman  » des temps modernes détient à la fois le pouvoir et l’argent et bénéficie d’appuis politiques et diplomatiques. Elle use et abuse de la possibilité de prendre seule ses décisions ! Par dépit ou par volonté propre.

Et pourtant ! Banalement elle s’éprend de Kenji : un japonais occidentalisé. Peu à peu, celui-ci l’entraînera à comprendre son combat : défendre les droits des minorités Chrétiennes écrasées par la suprématie des Islamistes (radicaux) au Moyen-Orient. L’incroyable est que Marie, cette femme qui semble si équilibrée, va l’aider à monter un attentat contre un navire chargé de déchets nucléaires afin d’éveiller la conscience du reste du monde face à  leur détresse.

Une lecture facile, ce livre peut se lire d’une traite grâce à sa fluidité et à son style dépouillé. Le vocabulaire utilisé est bien choisi et de qualité. L’auteur utilise des termes simples qui soutiennent le fonds de l’histoire sans se perdre dans le verbiage technique du milieu nucléaire. Les descriptions vont à l’essentiel et l’intrigue est intéressante.

Je regrette toutefois que l’auteur n’ait pas développé plus la personnalité et la psychologie des personnages mis en oeuvre. Ils ne sont pas assez creusés et par moment je les ai trouvés lisses et fades, du coup, j’ai eu beaucoup de mal à m’y attacher ! L’auteur aurait-il volontairement occulté la détresse et les émois de ses personnages ? Si oui, je ne vois pas pourquoi car il se prive ainsi des épices qui donnent les saveurs à  la vie !

Dommage aussi que la fin ne soit pas au niveau du reste du roman. Tout s’est passé trop rapidement et en trop peu de pages et malheureusement, je suis restée sur ma faim en le refermant.

Je tiens tout de même à  souligner que ce roman nous permet de voyager avec une incroyable facilité : le Japon, le Chili, Dubaï, etc ! Beaucoup d’horizons lointains qu’il m’a plu de découvrir à travers la plume d’Alain Keralenn ancien diplomate français ayant parcouru le monde…

Dans l’ensemble, j’ai apprécié cette lecture. Pas besoin d’être un spécialiste en mondialisation ou en nucléaire pour suivre l’intrigue. Je ne le conseillerais toutefois pas à un public trop jeune. Il me semble qu’il faut un minimum de maturité et de connaissances de l’évolution de notre monde pour l’apprécier pleinement. Pour « jeunes » adultes donc !

Je remercie l’auteur de m’avoir permis de découvrir son tout premier roman, ce fût une très bonne lecture, merci pour votre confiance!

Note : 6/10 (Une lecture divertissante !)

6 - Lecture divertissante !

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Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb

Titre : Stupeur et tremblements
Auteur : Amélie Nothomb
Edition et parution : Le livre de poche, 2001
Nombre de pages : 186

Quatrième de couverture : Mais que diable Amélie-san allait-elle faire dans cette galère ? C’est la question qu’on se pose en découvrant l’invraisemblable traitement auquel la jeune narratrice, double à  peine voilé de l’auteur, est confrontée lors d’un emploi de quelques mois au Japon. Embauchée par la compagnie Yumimoto, Amélie espère bien pouvoir faire ses preuves dans ce pays qui la fascine tant depuis qu’elle y a séjourné enfant. C’est sans compter sur la subtilité des règles tacites qui régissent la société japonaise, sans compter encore sur le mépris de Mle Mori, sa supérieure. Les humiliations et les vexations se succèdent et la soumission s’installe : Amélie pensait être traductrice, elle finira dame pipi de l’entreprise !

Autre adaptation : Un film basé sur ce livre à été réalisé par Alain Corneau et est sorti en 2003. Le rôle d’Amélie Nothomb a été attribué a Sylvie Testud qui je trouve joue ce rôle a merveille ! Alain Corneau a reçu une mention spéciale et Sylvie à été élue meilleure actrice en 2003 lors du Festival international du film de Karlovy Vary en République tchèque. Cette dernière a aussi remporté le César de la meilleure actrice en 2004 lors des Césars du cinéma en France.


Extrait choisi :

« Récapitulons, petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J’eus rapidement conscience de mon excès d’ambition et acceptai de « faire » martyre quand je serais grande. Adulte, je me résolus à être moins mégalomane et à travailler comme interprète dans une société japonaise. Hélas, c’était trop bien pour moi et je dus descendre un échelon pour devenir comptable. Mais il n’y avait pas de frein à ma foudroyante chute sociale. Je fus mutée au poste de rien du tout. Malheureusement, j’aurais dû m’en douter, rien du tout, c’était encore trop bien pour moi. Et ce fus alors que je reçus mon affectation ultime : nettoyeuse de chiottes. »

Mon avis :

Petit roman autobiographique très intéressant et qui se lit très rapidement ! Amélie nous livre ici une très intéressante analyse psychologique sur le monde du travail au Japon et plus particulièrement sur l’entreprise Yumimoto dans laquelle elle a travaillé pendant environ un an.

De traductrice, elle passe comptable pour finir ensuite nettoyeuse de toilettes. Pourquoi ? Parce qu’elle ose faire preuve d’individualité et prendre des initiatives ! Chose qui n’est pas courante dans la culture Japonaise ! Elle nous démontre ici la difficulté que peut avoir un travailleur étranger à essayer de s’intégrer dans une entreprise que ne veut pas d’elle et qui ne se cache pas de le lui faire savoir !

Son harcèlement moral y était permanent, mais plus impressionnant encore, Amélie était entièrement détachée face à tout cela… Elle à  subit sans rien dire diverses et fréquente humiliations ! A côté de cela, sa capacité d’analyse est absolument remarquable et nous permet de véritablement croire à une barrière passive qu’elle s’est imposée face à toutes ces brimades !

Selon ses dires, je ne pensais pas que les Japonais portaient un si grand mépris envers les occidentaux, mais il est vrai qu’entre les cultures orientales et occidentales les mentalités et les traditions y sont très différentes et que dès lors des incompréhensions peuvent se former ce qui peut donc provoquer un gros fossé entre ces deux cultures.

Bien sur, je pense que ce qui est dit dans ce bouquin ne doit pas être pris pour une généralité non plus et je reste persuadée que d’autres étrangers partis travailler au Japon ont pu y vivre une expérience très positive ^^ En dehors de cela, ce livre se lit très rapidement, les aventures nippones d’Amélie y sont racontées à  la première personne et elle nous y expose moult détails et impressions sur ce qu’elle vit (ou plutôt subit).

Au final, beaucoup de critiques très mitigées que j’ai pu croiser sur internet qualifient ce livre d’ « humoristique ». Personnellement, je ne l’ai pas trouvé marrant. Certains passages assez cocasses m’ont faire sourire, certes, mais sans plus. Je suis plutôt restée sidérée devant cette lecture et au final je ne sais pas trop quoi en penser !

Note : 5/10 (Avis mitigé, ce livre a du bon et du moins bon, à vous de voir…)

5 - Avis mitigé, ce livre à du bon et du moins bon, à vous de voir...

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Cousine K de Yasmina Khadra

Titre : Cousine K
Auteur : Yasmina Khadra
Edition : Pocket, 2005
Nombre de pages : 107

Quatrième de couverture : Entre les murs d’une grande propriété isolée, un homme et sa mère vivent dans l’attente du retour du fils aîné. Torturé par un amour qu’il dit avoir à jamais perdu et par le manque de sentiments que lui témoigne sa mère, l’homme se souvient de son enfance et des épisodes tragiques qui l’ont rythmée. Récit flamboyant d’une souffrance incandescente, Cousine K relate la folie d’un homme et ses efforts désespérés pour conjurer une enfance vécue comme une malédiction. Une enfance faite de lambeaux, une île maudite, désertique, comme une prison aux grandes fenêtres de ronces. Survivant de ce long hiver, le personnage campé par Yasmina Khadra nous conte l’enfer quotidien de celui qui attend un geste d’affection comme on espère sa libération de l’antre de la mort. Avec une justesse qui fait de ce texte bref une perle noire aux émotions contradictoires, il confirme son sens de l’observation dans cette exploration de l’esprit humain en proie aux démons de la haine.

Hector Chavez

 

Extrait choisi :

« Nul n’est comblé. Il y a toujours un besoin quelque part, un oubli, un mangue lancinant. On a beau se répéter que tout va bien, que tout est au mieux, ce n’est pas vrai. Que l’on habite dans un palais ou dans un gourbi, que l’on s’habille de soie ou de hardes, que l’on soit courtisé ou vomi, on a obligatoirement besoin de quelque chose, ou de quelqu’un. On implore un regard, un mot, un signe, et souvent nos prières les plus ferventes s’avèrent irrecevables. Pourquoi? Parce que c’est ainsi. Inutile de chercher la faille; la faille est en chacun de nous, elle est toutes ces questions que l’on se pose et qui ne nous avancent à rien… »

Mon avis :

Un petit roman surprenant (en effet il ne compte qu’une centaine de pages), mais qui ne laisse pas indifférent ! Au début de ma lecture j’ai trouvé ce livre un peu bizarre, certes il est rempli de très belles phrases qui ont un style un peu poétique par moments, mais j’avais du mal à me situer pendant les trente premières pages du livre.

Nous remontons dans les souvenirs d’un jeune garçon dont on ne sait le nom ? (A moins que je n’aurais omis ce passage ?), souvenirs, dont le contexte n’est pas très clair ; sans ordre chronologique ni aucuns points de repères. Ce qui ne m’a absolument pas aidé à m’intégrer dans l’histoire dès départ !

Le récit est très sombre, j’ai ressenti la tristesse et la colère du héros de ce roman, j’ai été frustrée autant que lui de la manière dont le traite sa mère, car il est tout simplement transparent à ses yeux. Elle idolâtre son autre fils Amine et sa cousine « K » une petite garce en puissance. Et lui rejeté avec mépris, se tait et subis.

J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, car, autant la mère et cousine K sont détestables, autant le petit garçon délaissé ma donné du mal à m’attacher a lui (du peut être à la petitesse du récit qui ne nous offre pas le temps de nous intégrer dans l’histoire ?) Je reste cependant mitigée sur le geste du conteur a la fin du livre, ça m’a surprise et laissée perplexe, aussi ça ma dérangée je dois dire ! Bien que je me doute qu’il souffre, je ne comprends pas son geste! Je suis restée sur ma faim.

Note : 5/10 (Avis mitigé, ce livre à du bon et du moins bon, à vous de voir…)

5 - Avis mitigé, ce livre à du bon et du moins bon, à vous de voir...

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Le magasin des suicides de Jean Teulé

Titre : Le magasin des suicides
Auteur : Jean Teulé
Édition et Parution : Pocket, 2008
Nombre de pages : 257

Quatrième de couverture : Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...
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