Dans l’enfer des tournantes de Samira Bellil

Titre : Dans l’enfer des tournantes
Auteur : Samira Bellil
Edition et parution : Denoël (Impacts), 2002
Nombre de pages : 282

Quatrième de couverture : Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols collectifs que l’on nomme aujourd’hui des tournantes . Rongées par la culpabilité et le dégoà»t, détruite par l’ostracisme de sa famille et les rumeurs dans son quartier, elle se réfugie dans la drogue et l’alcool. Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s’est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à  des rapports de forces et de domination. Dans un tel environnement, la torture que subissent les filles est non seulement physique mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation sont leur lot quotidien. Ce livre, qui intervient au terme d’une longue thérapie, est pour elle le moyen de laisser une trace de son histoire et de venir en aide à  ses frangines, victimes, comme elle, du pire des crimes. Pour briser la loi du silence.

 

Extrait choisi :

« Cette expérience me donne une envie grandissante d’écrire ce livre. Chaque mot sera choisi, bien réfléchi, bien mûri. Ce livre aura le poids de ce que j’ai vécu, la valeur de mes réflexions et ma rage de m’en sortir. Ce livre laissera la trace ineffaçable de mon vécu, et je pourrai enfin ranger mon histoire sur l’étagère d’une bibliothèque. »

Mon avis :

Un livre dur, qui relate sans romance la vie d’une jeune fille des cités, d’une caillera comme elle dit ! Elle c’est Samira Bellil, l’auteur et la victime de ce livre. C’est sa vie qu’elle nous raconte, dans toute sa souffrance, dans toutes ses douleurs, qu’elle crache en pleine gueule aux yeux du monde. A ceux qui n’ont rien voulu savoir quand il était pourtant temps de réagir. A ceux qui l’ont laissée détruire sa vie. A ceux qui ont été les précurseurs de sa descente aux enfers.

Par ce livre on découvre l’horreur que peut-être la vie dans les cités… jusqu’où peut aller le non respect de l’être humain… Comment on passe de victime à  accusée… Si une fille se fait violer c’est forcément parcequ’elle le cherchait. C’est une évidence même. Samira nous décrit un monde dans lequel, si tu n’as pas de grand frère pour te protéger, tu n’es rien. Un monde où lorsqu’un homme est passé une fois sur ton corps, ce dernier devient l’objet de tous ! sans discussion possible !

Un monde où la loi du plus fort a loi sur toutes les autres. Où il semble que la vermine ait bien plus de valeur que la victime. Pourtant il suffira d’un homme, un seul, pour que Samira retrouve enfin l’espoir d’être reconnue comme une victime… Un livre à lire, parce qu’elle n’a pas vécu tout ça pour rien. Un livre pour prévenir que celà existe et qu’il ne faut pas rester seule avec son silence et son sac à malheur sur le dos. Un livre pour dire que chacun a le droit à la vie et au respect.

Note : …/10 Désolée mais je ne préfère pas noter les histoires vraies qui relatent de telles souffrances, je ne les note pas par respect pour ces personnes ainsi que pour leur histoire vécue… Merci de votre compréhension.

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