Ewa de Matthieu Biasotto

Titre : Ewa
Auteur : Matthieu Biasotto
Édition et Parution : Auto-édité, 2017
Nombre de pages : 310

Quatrième de couverture : Elle s’appelle Ewa. Elle est particulière. Elle ne doit jamais se regarder dans un miroir. Jamais. Son don étrange est une malédiction qu’elle ne maîtrise pas. Son passé est difficile à porter. Il lui est impossible de partager son secret. Elle ne peut faire confiance à personne. Enfermée « pour son bien » à Miedzeska, dans une pension pour filles au cœur de la Pologne, Ewa survit entre humiliations et sévices. Elle serre les dents en rêvant d’évasion, mais personne ne s’échappe de cet internat. Alors pourquoi des filles disparaissent-elles sans laisser de traces ? Que deviennent-elles ? Et surtout… qui sera la prochaine ? Ewa ne doit jamais céder à l’appel des miroirs, elle le sait. Elle a juré. Et si la vérité se cachait dans son reflet ?

 

Extrait choisi :

« J’ai l’impression d’avoir rêvé. Un mauvais rêve, je l’admets. Il fait noir tout autour. Je suis allongée à même le sol, la terre est meuble. Je tremble, de la fumée s’échappe à chacune de mes expirations. L’odeur qui règne ici ne m’est pas inconnue. C’est un parfum infect, animal, le genre d’effluve qui s’incruste durablement dans les vêtements et les cheveux. Mes premiers mouvements sont accompagnés d’un tintement métallique. Je découvre avec stupeur une chaîne à mes chevilles, une autre à mes poignets. Le tout est relié à un anneau scellé sur un plot de béton. En distinguant mes liens et la fange puante qui m’entoure, je panique. Mon souffle affolé réveille les fauves et déclenche une avalanche d’aboiements. Je suis dans l’enclos, avec les chiens affamés. »

 
 
Mon avis :

Ewa de Matthieu Biasotto est un roman très dur et absolument bouleversant !

Vous vous souvenez du manga « Princesse Sarah » ou du roman « La petite princesse » dont ce dernier a été adapté ? Découvrez dans ce livre un récit assez similaire, mais en beaucoup plus trash ! Vous voilà prévenus 😉

Cette histoire se passe en Pologne dans les années 30. Ewa est une jeune fille d’une quinzaine d’années dotée de pouvoirs surnaturels très étranges. Suite à une tragédie, son oncle qui est sa seule famille la confie au pensionnat de jeunes filles de Miedzeska, pour son « bien »…

Nous découvrons alors, en même temps qu’Ewa, ce lieu terrifiant dont les méthodes disciplinaires semblent tout droit venues d’une autre époque ! Cet établissement est géré par Mlle Szyller, une femme de poigne, autoritaire et sans cœur, ainsi que par ses sous-fifres Iwona (son bras droit) et Tadeusz (homme à tout faire). Ce dernier a également un « apprenti », Maciej vivant également sur les lieux.

Dans ce thriller horrifique envoûtant, chaque page entraîne le lecteur un peu plus profondément dans l’horreur de ce pensionnat terrifiant ! Cette lecture m’a tenue en haleine jusqu’à la fin, mon cœur battant à la chamade à chacun des choix d’Ewa, qu’ils soient bons ou mauvais, ainsi qu’à chacun des sévices qu’elle a dû endurer.

Je dois dire que ce roman est une réussite tant au niveau de l’écriture que de l’intrigue, des décors et surtout de ses personnages, en particulier la jeune Ewa ! J’ai tremblé avec elle ! J’ai ressenti ses angoisses, ses peurs, ses déceptions et sa douleur tout au long de ma lecture. J’avais envie de l’aider, de la soutenir, et de lui tenir la main jusqu’au bout…

La plume de cet auteur est incroyable ! Minutieuse dans ses descriptions et incroyablement fluide. Très addictive également puisque je me suis laissée emporter jusqu’à la fin à une vitesse déconcertante ! Les yeux grands ouverts face à la brutalité des traitements et autres sévices corporels infligés aux jeunes pensionnaires.

C’est un roman très sombre, teinté de gris, de noir et de blanc. Étrangement on a l’impression que la couleur n’existe pas en ce lieu obscur et glauque. De même que le sentiment d’enfermement y est intense, on ressent au plus profond de nos entrailles qu’il n’y as pas d’échappatoire, pas d’espoir d’une vie meilleure. On se sent coincés, comme Ewa.

On ne ressort pas indemne de ce genre de lecture car c’est cru, voire un peu malsain par moment. On ne peut qu’être bouleversés par le parcours d’Ewa victime de son « don », victime d’être ce qu’elle est. Son corps est broyé, ainsi que son cœur. Seule son âme la maintient en vie…

C’est mon premier roman de cet auteur et vous l’aurez compris au terme de cette chronique que je l’ai énormément apprécié ! Je suis d’ors et déjà très impatiente de découvrir d’autres écrits de Matthieu Biassotto !

 
Note : 9/10 (Pratiquement un coup de cœur ! Foncez !)

 

4 commentaires à Ewa de Matthieu Biasotto

  • Khiad  dit:

    Je n’ai entendu que de bons écho sur ce livre et il me fait vraiment envie, je l’avoue. De plus, ta chronique est juste une ode à la tentation. 😉

    Je n’ai pas encore lu cet auteur, mais j’ai « Kraft » qui m’attend dans ma PAL.^^

    • Tristhenya  dit:

      Mdrrr, je sais, je ne suis qu’une vile tentatrice 😛 Mais quand je passe chez toi, n’oublie pas que les rôles s’inversent et que c’est toi qui me tente à tout bout de champ 😛
      Contente que cette chronique te plaise ! Je serai très curieuse de découvrir ton avis lorsque tu le liras 😉
      « Kraft » est dans ma wish-list, ainsi que quelques autres romans de l’auteur dont j’ai épluché la bibliographie après cette lecture ^^

  • David  dit:

    Oh, il va allez faire un petit tour dans ma wishlist celui là ! En voyant la couverture j’ai un peu pensé à l’ambiance de Bird Box et il en reste visiblement un peu dans l’histoire. En tout cas ça me tente beaucoup !

    • Tristhenya  dit:

      J’ai lu Bird-box, pas (encore) chroniqué, mais beaucoup apprécié 😀 Je peux te dire qu’hormis le style de la couverture et la similitude autour des yeux/vision, la ressemblance s’arrête là. Ce sont deux univers très différents. Tu as, d’ailleurs, très bien fait de l’ajouter dans ta wish-list, je pense que cette lecture te plaira 😉

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