La servante écarlate de Margaret Atwood

 

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Edition et Parution : Robert Laffont (Pavillons poche), 2017
Nombre de pages : 483

Quatrième de couverture : Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Évangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

 

« Quand je sortirai d’ici, si jamais je suis capable de mettre ceci par écrit, sous une forme quelconque, même celle d’une voix s’adressant à une autre, ce sera encore une reconstitution, à un degré d’écart de plus. Il est impossible de décrire une chose exactement telle qu’elle est, parce que ce que l’on dit ne peut jamais être exact, il faut toujours laisser quelque chose de côté, il y a trop d’éléments, d’aspects, de courants contraires, de nuances ; trop de geste qui pourraient signifier ceci ou cela, trop de formes qui ne peuvent jamais être complètement décrites, trop de saveur dans l’air ou sur la langue, de demi-teintes, trop. Mais s’il se trouve que vous êtes un homme, quelque part dans l’avenir, et que vous avez survécu jusque-là, surtout n’oubliez jamais ceci : vous ne serez jamais soumis à la tentation de croire que vous devez pardonner comme une femme se doit de le faire. C’est difficile d’y résister, croyez-moi. Mais souvenez-vous que le pardon est aussi un pouvoir. Le mendier est un pouvoir, le refuser ou l’accorder est aussi un pouvoir, peut-être le plus grand de tous. »

 

Je vous ai parlé ce mercredi, à travers une longue chronique, de la série télévisée « The handmaid’s tale » que j’ai adorée ! Du coup, aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler du livre de Margaret Atwood dont cette série s’est largement inspirée.

En effet, il faut savoir que les deux versions sont quasiment similaires et que la saison 1 de la série est très fidèle à ce roman. Les principale différences entre les deux supports sont : l’âge de certains personnages qui ne sont pas les mêmes et l’absence de populations étrangères dans l’écrit.

De la même manière que dans la série, nous y découvrons le récit d’une servante écarlate renommée Defred, selon le nom du Commandant Fred, auquel elle a été affectée. Vous le savez déjà si vous avez regardé la série (ou lu ce livre). Ces servantes, n’ont plus aucun droit au sein de cette société sinon celui de se taire et de procréer…

Je pense que la grande puissance de ce roman vient de sa capacité à nous projeter dans les pensées profondes de l’héroïne. Sa détresse et sa peur dans un monde où la solitude et les faux semblants côtoient la folie ne peut que toucher le lecteur au fond de son cœur. Le temps passe inlassablement et il est suspendu à son silence forcé.

Situé dans un futur proche et donc très facilement substituable au nôtre. L’univers sombre dépeint dans ce roman par Margaret Atwood, il y a plus de trente ans est glaçant et terrifiant, justement parce qu’il est très plausible ! Sur cette terre beaucoup de femmes souffrent encore de la soumission exercée par les hommes…

Et justement, l’allégorie féministe immanquablement présente dans l’œuvre de Margaret Atwood, crée une belle occasion de converser autour de la définition du féminisme et parviendra peut-être à faire évoluer certaines mentalités en la matière.

Il est important de souligner également que ce roman contient un message politique et environnemental extrêmement important. La pollution de l’air, de l’eau ou que sais-je encore ne sont pas des questionnements à mettre de côté… Surtout quand il s’agit de santé publique !

Pour en revenir à ma lecture en elle-même, j’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteure qui est fluide et soignée. Cependant, j’ai eu beaucoup plus de difficulté à accrocher à la lenteur de l’écrit… C’est tellement lent, que pour une fois je ne regrette pas d’avoir vu la série AVANT de lire ce livre ce qui m’a permis de comprendre l’utilité de cette lenteur sous-jacente dans le récit.

Au niveau de la fin, je l’ai trouvée extrêmement frustrante ! Nous saurons au moment de l’épilogue, qu’il se passe d’autres choses après… Dès lors, je ne comprends pas pourquoi l’auteure a choisi de ne pas nous en dire plus (ou de sortir un deuxième tome)… Heureusement que la série continue là où le roman s’arrête avec la saison 2 que j’attends avec très grande impatience !

A l’issue de cette lecture, si je devais choisir entre l’une des deux versions, je choisirais sans conteste la série qui a remarquablement retranscrit à l’écran l’univers percutant de ce roman ! D’autant plus, en sachant que l’auteure canadienne qui a gagné plusieurs prix pour ce livre est extrêmement satisfaite de cette adaptation visuelle de son œuvre, d’après un article du Huffington Post !

 

8/10 (Bravo, c’est une lecture indispensable !)

 

4 commentaires à La servante écarlate de Margaret Atwood

  • Lutin82  dit:

    Je l’ai dans ma PAL. Mais vu le buzz grandissant, j’ai de plus en plus de mal à m’y mettre. Pourtant, tout me parle!!
    Jolie chronique

    • Tristhenya  dit:

      Je te comprends, je suis exactement pareille ! Plus une chose fait le buzz et moins ça me donne envie. Pour cette raison, je suis contente de l’avoir lu bien avant le gros boom 😀 Par contre, je ne regrette pas d’avoir publié ma chronique très en retard pour une fois, ce sujet fait tellement parler de lui, que mon compteur de visites à explosé sur cette chronique ! Un truc de fou ^^ En tout cas, faute de lire le livre, je te conseille absolument la série TV qui est une excellente adaptation de qualité.

  • David  dit:

    Je ne pense pas lire le livre, mais le visionnage de la série est prévue^^. Dés que j’aurais terminé celles que j’aies en cours^^.

    • Tristhenya  dit:

      Tu as bien raison, je ne te conseille pas cette lecture, elle ne t’apportera rien grand-chose si le visionnage de la série est prévu 😉 Vivement que tu t’y mettes, je serai curieuse de lire ton avis sur la chose 😀

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