Le neveu de Rameau de Denis Diderot

Titre : Le neveu de Rameau
Auteur : Denis Diderot
Édition et Parution : Larousse (Les petits classiques), 2005
Nombre de pages : 251

Quatrième de couverture : Conte satirique sous forme de dialogue entre un personnage cynique, impulsif et féroce, Jean-François Rameau, neveu du compositeur, et Diderot, philosophe calme et serein, partagé entre la colère et l’admiration. Texte intégral avec chapitres pédagogiques sur la genèse, le contexte historique et culturel, la réception et la résonance littéraire de l’oeuvre, sur l’auteur et son rayonnement.

 

Extrait choisi :

« Il faut que Rameau soit ce qu’il est : un brigand heureux avec des brigands opulents ; et non un fanfaron de vertu, ou même un homme vertueux, rongeant sa croûte de pain, seul, ou à côté des gueux. Et pour le trancher net, je ne m’accommode point de votre félicité, ni du bonheur de quelques visionnaires, comme vous.
Moi. – Je vois, mon cher, que vous ignorez ce que c’est, et que vous n’êtes pas même fait pour l’apprendre.
Lui. – Tant mieux, mordieu ! tant mieux. Cela me ferait crever de faim, d’ennui, et de remords peut-être.
Moi. – D’après cela, le seul conseil que j’ai à vous donner, c’est de rentrer bien vite dans la maison d’où vous vous êtes imprudemment fait chasser.
Lui. – Et de faire ce que vous ne désapprouvez pas au simple, et ce qui me répugne un peu au figuré ?
Moi. – C’est mon avis.
Lui. – Indépendamment de cette métaphore qui me déplaît dans ce moment, et qui ne me déplaira pas dans un autre.
Moi. – Quelle singularité !
Lui. – Il n’y a rien de singulier à cela. Je veux bien être abject, mais je veux que ce soit sans contrainte. Je veux bien descendre de ma dignité! Vous riez ?
Moi. – Oui, votre dignité me fait rire.
Lui. – Chacun a la sienne ; je veux bien oublier la mienne, mais à ma discrétion, et non à l’ordre d’autrui. Faut-il qu’on puisse me dire : rampe, et que je sois obligé de ramper ? C’est l’allure du ver ; c’est mon allure ; nous la suivons l’un et l’autre, quand on nous laisse aller ; mais nous nous redressons, quand on nous marche sur la queue. On m’a marché sur la queue, et je me redresserai!

 

Mon avis sur cet extrait :

Rameau se juge avec lucidité : il sait qu’il s’avilit, mais le fait volontairement. Il préfère tirer profit de l’opulence des autres plutôt que travailler durement pour avoir un profit (la vertu n’est pas pour lui). Il est abject par choix et s’est fixé des limites personnelles qu’il s’interdit de franchir sans réagir. Comme tout être humain, il accepte la supériorité de certains, mais refuse de se faire écraser, « On m’à  marché sur la queue et je me redresserai ». Les bourgeois dont il dépendait ont exagéré, Rameau est au plus bas mais il à la volonté morale de se relever.

 

Résumé :

Ce résumé à été rédigé par mes soins, veuillez ne pas utiliser ce texte sans ma permission, merci.

L’oeuvre se présente comme un dialogue entre « Lui » (Jean-François Rameau, neveu du célèbre claveciniste et musicien de l’époque Jean-Philippe Rameau.) et « Moi » (le « philosophe » Diderot) qui se déroule un après-midi au café de la Régence, place du Palais-Royal, lieu de rendez-vous des joueurs d’échecs.

L’un est un sage, un homme de bien, un philosophe calme, serein. (Moi) L’autre un marginal (Lui), artiste raté, ouvertement amoral, enviant les personnages les plus abjects et admirant leurs pires bassesses. Son oncle l’a rejeté et, après la mort de sa femme et de son enfant, il se laisse aller et tombe dans la misère, devenant un bohème cynique, un parasite cultivé et passionné de musique, qui vit aux crochets des riches, représentés ici par le clan Bertin, « mangeurs » de philosophe.

Diderot (Moi) le connaissait de « longue main » et éprouvait à  son égard des sentiments contradictoires : « Il ne l’estime pas », dit-il, et, pourtant, épris de caractères tranchés, d’individualités marquées, de figures pittoresques, il est très attiré par lui.

Cette rencontre est alors l’occasion d’un débat haut en couleur sur la morale, on part d’une réflexion sur les hommes de génie pour en venir à des considérations sur l’éducation des jeunes filles, puis sur le vice et le bonheur, qui selon Diderot n’arrive que par la vertu tandis que Rameau veut vivre en épicurien pour être heureux, avant d’aboutir à  la critique mordante des hôtes de la maison Bertin par le neveu (Lui) qui en fait partie et à la terrible histoire de cet Avignonnais qui livra son ami, juif, à l’Inquisition pour le dépouiller.

Au fil du dialogue, vivant, imagé, bourré d’exemples et de mimes, leurs idées se confrontent, se heurtent, et parfois se retrouvent. Tout est prétexte à l’ironie ou à la méditation. Qui se trompe, qui dit vrai ? Peu importe. Car la vérité emprunte parfois les chemins tortueux… C’est la cloche de l’opéra qui vient mettre fin à cette discussion.

 

Mon avis :

Ce long dialogue se déroule en une seule scène, ce qui rend l’action lente et sans rebondissements. Ce texte ne m’à pas tenu en haleine du tout. J’en retiens quelques thèmes philosophiques qui me tiennent à cœur et me semblent naturels. La lutte sociale ma permis de jouir de droits qui me semblent normaux comme : La tolérance, Le respect de l’autre, Les besoins vitaux, L’instruction, Le besoin de se distraire…
Je sais qu’actuellement beaucoup d’autres personnes ne jouissent pas de ces droits comme moi, ils ont raison de se battre pour les obtenir.
En tant que jeune femme j’apprécie l’immense chemin parcouru depuis le temps de l’éducation minimale pour les filles jusqu’à l’instruction que j’ai reçue.

Note : 6/10 (Une lecture distrayante !)

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