Le signal de Maxime Chattam

couverture demain les chats bernard werber Titre : Le signal
Auteur : Maxime Chattam
Edition et Parution : Albin michel, 2018
Nombre de pages : 740

Quatrième de couverture : La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n’y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

 

« – À notre mort, reprit-elle, notre enveloppe charnelle se rompt et libère nos énergies qui se dissipent dans celles, pures, de l’univers.
À ces mots, elle jeta le verre directement vers la grille contre laquelle il se brisa et le vin disparut aussitôt avec l’eau de pluie.
– Videz une bouteille de soda dans un océan, et vous obtiendrez le même résultat, dit-elle. Elle aura été, elle sera encore d’une certaine manière, mais il sera impossible d’en retrouver l’ensemble, même en sondant toutes les mers du globe. À notre mort, nous cessons d’être ce concentré précis, et l’ensemble de nos composants se brassent avec le reste, nous ne sommes plus un individu, mais un tout. Rien ne se perd, toutefois nos pensées, notre conscience, tout ça n’est plus aggloméré pour former un être humain, mais dilué dans l’infini. Fini la personnalité unique, c’est une mort de l’âme, mais elle contribue, de par ces énergies qu’elle dissipe, à nourrir le monde.
– Alors ces gens qui affirment avoir senti la présence d’un être décédé, cher à leur cœur, dans un lieu particulier, tout ça ce sont des conneries ? demanda Tom.
– Pas nécessairement. Nous nous désagrégeons à notre mort, mais il peut arriver, et je suppose que c’est extrêmement rare, qu’une infime parcelle de cette énergie se dépose d’une manière ou d’une autre sur un point précis et c’est cela qu’il est possible de ressentir dans des circonstances particulières. De la même manière que les impressions de « déjà-vu » ne seraient qu’une captation momentanée d’un effluve rémanent par notre cortex reptilien. »

 

 

Ce roman m’a énormément intriguée lors de sa sortie ! Tout d’abord, parce que Maxime Chattam est un auteur que j’apprécie beaucoup ! Ensuite, parce que la couverture sombre de « Le signal » à directement capturé mon regard. Avec pour seule illustration, une grande maison mystérieuse située en bordure de forêt et le nom de l’auteur, ainsi que le titre en surbrillance, ce que je trouve du plus bel effet ! C’est sobre, mais ça accroche l’œil ! Surtout, cela m’a donné envie de découvrir l’histoire de cette bâtisse et de ce lieu.

La lecture du quatrième de couverture et le visionnage de la bande-annonce ont fini par achever de me convaincre de me plonger dans ce thriller/policier sur fond d’épouvante pure avec une touche de fantastique où, dès le départ, le ton est donné ! Une mort mystérieuse survient, puis encore une autre dans des circonstances pour le moins étranges. Dans la foulée, nous faisons la connaissance de la famille Spencer qui emménage à Mahingan Falls, au lieu-dit « Les trois impasses » dans une ancienne ferme, totalement restaurée.

Mahingan Falls est une petite ville typiquement américaine, située non loin de Salem. C’est un lieu chargé d’histoires et de légendes en tout genre. Pour nous aider à nous représenter le lieu plus aisément, l’auteur nous propose un plan de cette ville imaginaire au début du livre. Je l’ai trouvé bienvenu ! Cela permet de s’immerger encore plus intensément dans cette aventure qui se déroule aux quatre coins de la ville.

Tout est présent pour nous coller des frissons de terreur dès les premières pages. Des meurtres sanglants et inexpliqués, une maison hantée, une forêt mystérieuse, un champ de maïs à perte de vue avec son épouvantail qui prends vie… Une chose est claire, l’entité qui hante Mahingan Falls est absolument terrifiante et ne recule devant rien pour assouvir son désir de vengeance sanglant dans des scènes, parfois, insoutenables de cruauté.

Ici toutes les teintes de l’horreur sont représentées du plus glaçant au plus gore. Cette terreur est présente dans l’ambiance qui ne manque pas de coller des frissons, mais également dans les descriptions très éprouvantes. Il faut savoir que Maxime Chattam n’hésite pas de malmener ses personnages, qu’importe leur âge. Il entremêle à la perfection nos terreurs d’enfants et nos peurs d’adulte. Ce que vont vivre les enfants Spencer et leurs compagnons est, il faut bien le dire, traumatisant pour des enfants de 13 ans !

À leur place, je crois bien que j’en serais morte de peur, j’en suis certaine ! Tout au long du récit, ils vont faire foi d’un courage indéniable et d’une amitié à toute épreuve, qui m’a fait penser tout au long aux enfants dans « Stranger Things ». Il m’a plu qu’ils gardent leurs âmes d’enfants à l’issue de cette lecture malgré les événements dingues qu’ils traversent. J’ai beaucoup aimé de parcourir une partie de cette histoire à travers eux.

J’ai également beaucoup apprécié l’évolution des très nombreux personnages croisés tout au long de cette histoire. Malgré leur nombre, j’ai été étonnée de ne pas m’y perdre ! Ils sont tous tellement bien mis en avant que le passage de l’un à l’autre m’a semblé très fluide. La famille Spencer, Gemma, Ethan Cobb, Roy … Ils ont tous assez d’espace pour pouvoir s’exprimer et il est très aisé de les apprécier.

Honnêtement, je n’ai pas vu passer ces 700 pages que j’ai lues à mon aise en trois soirées/début de nuit. Les chapitres sont courts ce qui apporte beaucoup de dynamisme à l’histoire. De son côté, l’histoire, elle, se dévoile peu à peu tout en laissant planer le mystère qui ne prend toute son importance qu’à la fin ! D’ailleurs, je ne l’avais pas vu venir, celle-là, et je dois dire qu’elle m’a beaucoup surprise ! Une bonne fin en apothéose.

Si on ajoute à cela une écriture fluide et entraînante et tout le déroulement dans un climat sombre et pesant, on se retrouve avec un roman effrayant, mais totalement captivant qu’il est impossible de lâcher avant la fin ! J’ai également apprécié le fait que l’auteur n’est pas exempt d’auto dérision, puisque sa projection du père auteur et de la mère présentatrice TV, entourée de leur tribu me fait beaucoup penser a l’histoire même de Maxime Chattam et sa femme Faustine Bollaert.

J’ai lu la version ebook, mais pour l’avoir tenu entre mes mains en librairie, je dois dire que j’apprécie l’originalité de la version papier, avec le bord des pages teinté en noir. C’est une belle pièce à avoir dans sa bibliothèque et je pense que je finirai par aller l’acheter, tant je l’ai apprécié. 😉

 

10/10 Une lecture coup de cœur !

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