L’hôtel de Yana Vagner

 

Titre : L’hôtel
Auteur : Yana Vagner
Edition et parution : Mirobole, 2017
Nombre de pages : 508

Quatrième de couverture : Dans la neige, une femme tente de regagner le chalet où elle voit ses amis boire et discuter tranquillement. A deux doigts de la porte salvatrice, elle trébuche et se fait poignarder. Ce n’est que le début d’un huis-clos angoissant dans un « Hôtel » situé en altitude et accessible en seul téléphérique. Neuf Russes – quatre hommes, cinq femmes – membres d’une équipe de tournage s’y sont retrouvés pour un séjour d’une semaine. L’endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité. Mais les portables n’y captent pas de réseau. Et bientôt une tempête de glace coupe l’électricité. La découverte du cadavre provoque un choc parmi les personnages, surtout quand ils comprennent que le meurtrier se trouve parmi eux.

 

« Une maison est toujours liée à une femme. Les hommes érigent les murs et les recouvrent d’un toit, ouvrent des fenêtres. Ils posent tuiles et carrelage, enduisent et peignent, évaluent les contraintes qui pèsent sur les planchers et isolent les façades. Sans femme, cependant, une maison n’est qu’une boîte protégeant ses habitants des intempéries. Où l’on peut dormir, manger et se réchauffer, mais pas encore vivre. Une maison est vide et stérile tant qu’une femme n’y fait pas son apparition, parce que c’est justement la femme qui décide de son identité. Elle l’emplit d’odeurs et de couleurs, dispose de la vaisselle sur les étagères, accroche des rideaux, fait les lits et un jardin. D’une manière incompréhensible, elle communique au tas de matériaux de construction inanimé une dynamique capable rien moins que de perdurer pendant deux siècles.

[…]

Puis elle repense à la maison. Offensée de nouveau, passée pour la énième fois entre les mains d’intrus indifférents, qui l’ont transformée en maison de campagne, en résidence secondaire superflue, où ils ne viennent pas souvent et laissent entrer des invités peu soigneux ; qui ne sont plus capables de l’entendre et qui ont sans doute bazardé les vieilles photos du grenier, renoncé à se tracasser avec les capricieux rosiers et recouvert de peinture les noms des enfants morts, comme ça, sans raison particulière. Juste parce que trop de temps s’est écoulé. Les maisons vivent plus longtemps que les gens, mais cent ans, c’est long, même pour une maison, et la mémoire des murs et des objets n’est plus suffisante. Sans la chaîne des témoins vivants, qui transmettent les souvenirs d’une génération à l’autre à la manière des gènes, le lien entre le passé et le présent finit tôt ou tard par s’amincir et finalement se rompre complètement, parce qu’il n’y a plus personne pour se souvenir. »

 

Ce roman m’a d’emblée attirée pour son côté huis clos et par le fait qu’il se passe dans un lieu enneigé. Parfait pour cette saison hivernale, donc, au vu du froid qui nous attend dans les prochains jours ! (vortex polaire bonjour !) 😉 Cependant, à l’issue de cette lecture, mon avis est dans l’aspect négatif de la chose car je suis ressortie déçue par cette lecture.

Pour le spitch, Ivan, Macha, Vadim, Piotr et Tania, Égor et Lisa, et Sonia, un groupe de huit amis d’enfance d’origine russe ont loué l’entièreté d’un luxueux hôtel. Ils vont y passer une semaine de vacances avant le commencement du tournage d’un film dans lequel ils auront tous un petit rôle à jouer.

Cependant, à peine arrivé a l’hôtel, l’un d’entre eux se fait brutalement assassiner… Qui a bien pu commettre ce geste et surtout pour quelle raison ?! Le coupable est parmi eux, ils en sont tous parfaitement conscients. Mais de qui s’agit-il ? Peut-être est-ce Oscar, le concierge de l’hôtel qui a la lourde tâche de gérer le bien-être de tout ce petit monde ?

Tandis qu’ils se retrouvent bloqués sur les lieux à cause d’une tempête de neige. Ils n’ont aucune possibilité de prévenir qui que ce soit car la radio a été détruite (comme par hasard)… Ils se retrouvent, donc, isolés de tout pendant un temps indéterminé et sont bien décidés de mettre ce temps à bon escient pour enquêter et dénicher l’assassin qui a tué leur amie.

Forcément, les langues se délient rapidement et l’auteure va passer de nombreuses pages à décortiquer leur passé et les liens qu’ils ont les uns avec les autres… Des secrets vont exploser au grand jour, mais des vieilles rancoeurs vont également refaire surface… Et que se passe-t-il quand une vieille amitié se fissure et se brise ? Ça, je vous invite à le lire pour le découvrir. 😉

Je vous le dis, la psychologie des personnages est extrêmement bien décrite ! Toutefois, ils sont tellement nombreux que je me suis emmêlé les pinceaux tout au long de ma lecture ! Il n’est pas toujours évident de se situer, car l’auteur aime passer du coq à l’âne avec des flashbacks dans le passé des protagonistes, ce qui ralentit considérablement la lecture…

L’aspect qui m’a le plus dérangée c’est le côté alcoolique des personnages, ils ne pensent qu’à picoler et, ils ne font que ça de leurs journées… Ils sont généralement tapageurs, irrespectueux, voire antipathiques. Malgré leurs défauts, certains d’entre eux sont plus attachants que d’autres quand on les connaît mieux, mais je n’ai eu de préférences particulières pour aucun d’entre eux…

En dépit du fait que je n’ai pas trouvé cette histoire très originale. Je ne peux renier certains passages qui sont tout de même très joliment écrits (voir extrait choisi). L’enfance vécue par certains protagonistes est émouvante et la plume de Yana Vagner y exprime les émotions à merveille. Mais en fin de compte, je n’ai pas aimé cette lecture plus que ça, car elle n’était pas du tout ce à quoi je pensais avoir à faire…

J’ai trouvé le déroulement de l’histoire très lent et trop répétitif, c’était lassant. Hormis des blablas plus ou moins animés (car les personnages passent leur temps à se disputer), il ne se passe pas grand-chose, en fait… Je me suis clairement ennuyée en de nombreux moments ! 

Néanmoins, ce qui m’a fait tenir jusqu’au bout, c’est que l’auteure a la capacité de garder le mystère du tueur jusqu’au point final. C’est cela qui m’a encouragée à continuer cette lecture, juste pour avoir le fin mot de toute cette histoire ! J’ai été surprise par l’assassin, d’ailleurs. Même si rétrospectivement certains éléments disséminés çà et là auraient pu me mettre sur la voie.

En conclusion, si vous recherchez un roman plein d’action, passez votre chemin. Mais si vous souhaitez un roman psychologique assorti d’une dimension sociale et politique, « L’hôtel » de Yana Vagner devrait vous plaire. 😉

6/10 (Une lecture divertissante !)6 - Lecture divertissante !

4 commentaires à L’hôtel de Yana Vagner

  • Lutin82  dit:

    Bon, ce ne sera pas pour moi alors. De bons perso dans un policier OK, mais faut que le reste soit top quand même.

    • Tristhenya  dit:

      Exactement, et le reste est loin d’être d’une très grande originalité… Certains des personnages ont un vécu intéressant, mais l’histoire en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard… LoL 😀

  • David  dit:

    Mouais, en effet ça me parait trop banal comme contexte pour que j’arrive à m’y attacher donc je vais passer mon chemin^^

    • Tristhenya  dit:

      Tu ne rateras pas grand-chose en passant ton chemin 😉

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.