Médecin à Auschwitz de Miklos Nyiszli

Titre : Médecin à Auschwitz
Titre original : Dr Mengele boncoloorvosa voltam az Auschwitzi krematoriumban
Auteur : Miklos Nyiszli
Edition et parution : J’ai lu, 1961
Nombre de pages : 184

Quatrième de couverture : Au nombre des Juifs polonais déportés qui arrivèrent en mai 1944 à  Auschwitz, se trouvait le Dr Miklos Nyiszli, médecin légiste de Budapest. Le Dr SS Mengele, médecin-chef du camp, un des plus grands criminels de l’Histoire, avait alors besoin d’un anatomiste expérimenté pour procéder à  la dissection des malheureux sur lesquels il pratiquait ses monstrueuses expériences. Au lieu de passer à la chambre à gaz, le Dr Nyiszli fut donc nommé médecin légiste des commandos spéciaux des crématoriums. Ces commandos jouissaient d’un traitement de faveur, mais ils savaient qu’ils seraient « relevés » au bout de quatre mois, c’est-à-dire massacrés. Or, le Dr Nyiszli échappa par miracle à l’extermination des détenus d’Auschwitz, extermination qui s’étendit même aux SS gardiens du camp. Il put ainsi apporter un témoignage dont la précision et l’objectivité atteignent, dans leur dépouillement, le sommet de l’horreur.

 

Extrait choisi :

« Dans mon logement, je ne trouve pas ma place. Je vais et je viens sans but entre des murs muets. Mon passé est chargé de souvenirs sanglants et de chagrins profonds tandis que l’avenir m’apparaît sombre. Comme si j’étais mon propre fantôme, j’erre, inquiet, dans les rues autrefois familières. Je ne suis secoué de ma profonde léthargie que lorsqu’il me semble rencontrer les miens parmi les passants.

Je supporte sans plaintes les douleurs de ma maladie et, prostré, je compte les mois qui passent ; nous sommes en octobre, déjà six mois se sont écoulés depuis ma libération. Frileux, je m’assieds un après-midi près de ma cheminée et dans l’obscurité de la pièce j’essaye de trouver un peu de soulagement dans le rayonnement du foyer.

C’est l’heure crépusculaire et je laisse errer mes pensées sur tout ce que j’ai vécu. La sonnerie retentit et tout de suite après la porte s’ouvre. Ma femme et mon enfant entrent. Elles ont été libérées dans le fameux camp d’anéantissement de Bergen-Belsen et c’est de là qu’elles reviennent en bonne santé.

Elles n’ont pu raconter que cela ; ensuite, elles n’ont cessé de sangloter durant des heures. Je n’ai pas essayé d’arrêter leurs pleurs. Tant de souffrances, tant de peines refoulées ne pouvaient être contenues plus longtemps. Nous nous comprenions sans rien nous dire, et ce que nous éprouvions ne pouvait pas se dire avec des mots.

Maintenant, la vie reprend tout à coup un sens. Je recouvre mes forces et un vaste champ d’action s’ouvre devant moi. Je vais travailler de nouveau. Ce sera désormais pour quelqu’un et pour quelque chose. Comme ce sera bon de pouvoir maintenant soulager les autres! Mais je ne veux plus jamais disséquer de cadavre. »

Miklos Nyiszli

 

Mon avis :

Une autobiographie bouleversante d’un médecin juif hongrois déporté à Auschwitz avec sa femme et sa jeune fille!

Passée l’épreuve de la sélection, Miklos Nyszli devient le médecin légiste des commandos spéciaux des crématoriums, sous les ordres du Dr SS Mengele, médecin-chef du camp. Le docteur Miklos devait autopsier les cadavres sur lesquels Mengele avait juste auparavant pratiqué ses recherches soi-disant scientifiques, mais s’apparentant plutôt à des tortures !

J’ai lu ce livre d’une traite, avec une boule terrible au ventre tout au long de ma lecture ! Ce roman est vraiment bien écrit et je me suis laissée emportée par l’histoire terrible de ce médecin plongé dans l’enfer des camps d’extermination nazis. Certains passages sont vraiment effroyables et relatent avec beaucoup de réalisme des fragments de la vie quotidienne du camp.

Il faut souligner que le docteur Nyszli est l’un des rares survivants à avoir vu les chambres à gaz, les fours crématoires et tout le processus de cette mise à mort volontaire en marche. Car les groupes commandos n’avaient une espérance de vie que de trois mois, ils étaient ensuite tous liquidés pour éviter de laisser des témoins si la guerre viendrait à se terminer. L’auteur nous explique donc l’arrivée des convois, la manière dont ces personnes étaient sélectionnées et sous quels critères par le Dr Mengele.

Ce médecin maudit désignait les hommes qui allaient travailler dans le camp, ceux qui pouvaient lui servir de cobayes (en particulier les jumeaux) et enfin ceux qui seraient irrémédiablement envoyés vers la mort. Pour ces derniers nous avons de passages particulièrement atroces, l’attente interminable dans le froid, le déshabillage, le rasage, l’avancée vers ces douches trompeuses et lugubres, le moment ou les lumières s’éteignent pour ne plus jamais se rallumer et enfin l’ouvertures des portes donnant sur un amoncellement de cadavres enchevêtrés les uns aux autres auxquels les commandos doivent d’abord enlever les dents en or pour ensuite les consumer dans les fours ou dans des fosses ! Et je vous épargne tous les détails !

Quand on s’imagine le destin tragique de toutes ces personnes à qui cette guerre à enlevé la liberté et l’avenir nous fait vraiment réfléchir à  la nature humaine. Comment des hommes peuvent-ils être aussi sadiques, violents et barbares ? Franchement ça fait peur ! Je vous ai présenté ici une autobiographie que je vous conseille à tous car ce que cet homme à vécu ne doit pas être oublié et ne doit surtout pas se répéter ! Pour avoir lu beaucoup de romans sur ce sujet, je dois dire que celui-ci ma beaucoup marquée.

Note : …/10 Désolée mais je ne préfère pas noter les histoires vraies qui relatent de telles souffrances, je ne les note pas par respect pour ces personnes ainsi que pour leur histoire vécue… Merci de votre compréhension.

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