Cave de Pascal Praplan

 

Titre : Cave
Auteur : Pascal Praplan
Édition et Parution : Belfond, 2007
Nombre de pages : 200

Quatrième de couverture : Elle essuie son visage du revers de la main, se retourne et aperçoit le bassin métallique, les toilettes chimiques et l’installation de renouvellement de l’air, sa manivelle de secours fichée dans le mécanisme. Elle se dirige rapidement vers le fond de la pièce, ouvre et referme le robinet du lavabo, fait ronronner un court instant le petit moteur électrique de l’aération, jette un coup d’œil distrait sous le couvercle des toilettes. Elle jauge à nouveau du regard toute la pièce, les murs et le plafond de béton armé. Un rictus de détermination barre maintenant le bas de son visage. Ce sera parfait, pense-t-elle, l’endroit idéal… S. a pris sa décision. A bientôt quarante ans, elle ne veut plus vivre sous l’emprise de sa mère tyrannique et décide de mettre en œuvre un effroyable stratagème. Huis clos psychologique féroce et oppressant, Cave est porté par une écriture incisive, écorchée, à l’image du rapport cruel et exclusif qui va sceller le destin d’une fille et de sa mère.

 

“En descendant l’escalier, elle sent une fébrilité étrange l’envahir, un mélange d’impatience et d’appréhension. Elle s’arrête à mi-hauteur, prise d’une soudaine envie de faire demi-tour et d’aller se réfugier encore un moment dans sa chambre. S’agrippant à la main courante, elle finit par se forcer à continuer. Le visage fermé, elle entre dans le salon où sa mère l’accueille d’un regard interrogateur.”

 

Cave est une histoire très courte d’à peine 200 pages, qui m’a énormément surprise ! C’est un huis clos particulier, puisqu’il met en scène une relation mère-fille plutôt chaotique.

S à 38 ans, son prénom ne nous est pas dévoilé. Elle vit avec sa mère une vie de servitude acceptée. Seulement, désormais, elle en a marre et veut exister enfin pour elle-même ! Elle souhaite s’ouvrir au monde extérieur, se découvrir en tant que femme et vivre des expériences nouvelles.

Cependant, tant que sa mère grabataire sera dans les parages, elle ne pourra pas mener sa vie telle qu’elle l’entend. Donc, étant donné qu’elle paye déjà tout dans la maison avec le salaire qu’elle gagne en allant travailler chaque jour, elle prétexte des travaux dans sa chambre et au rez-de-chaussée qui auront, en fait, un tout autre but.

En cachette, elle aménagera le sous-sol, afin d’y loger sa mère. Seulement, tout ne va pas se dérouler totalement comme prévu… Et pour ne pas vous spoiler l’histoire, je vous invite à le lire pour en savoir d’avantage. En plus, comme il est court, il se dévore en très peu de temps, alors n’hésitez pas ! Foncez !

Le style d’écriture de l’auteur est percutant, presque brutal. Les mots utilisés sont tranchants. Il parvint à générer une ambiance oppressante qui est restée présente tout au long de ma lecture. Ça m’a collé à la peau du début à la fin et j’étais limite mal à l’aise de pénétrer dans l’intimité de ces deux femmes.

Mine de rien, je me suis attachée aux deux personnages principaux de ce roman. Leurs histoires étaient présentées de manière a ce que je puisse comprendre leurs positions a chacune. D’un côté, la fille qui souhaite gagner en indépendance et de l’autre, la mère qui a du mal a lui lâcher la grappe. Où encore quand l’amour se transforme en haine.

La fin m’a ébranlée, même si je dois avouer qu’avec la tournure que prenaient les choses, je m’y attendais un peu. Cependant, je l’ai trouvée brusque, voire même choquante ! J’en suis restée bouche bée ! Dans le fond, j’aurais aimé que les choses se passent autrement. J’aurais aimé pouvoir intervenir dans l’histoire.

Lorsque j’ai refermé ce roman, j’ai ressenti un sentiment de grande tristesse envers ces deux femmes qui ne parvenaient plus à se comprendre, ni à dialoguer et dont l’enlisement dans cette situation malsaine a fini par les mener à leur perte de manière tragique. Une histoire, bouleversante.

 

9/10 (Pratiquement un coup de cœur, foncez !)

 

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