L’aveuglement de José Saramago

Titre : L’aveuglement
Titre original : Ensaio sobre a cegueira
Auteur : José Saramago
Édition et Parution : Points, 2008
Nombre de pages : 365

Quatrième de couverture : Un homme devient soudain aveugle. C’est le début d’ une épidémie qui se propage à  une vitesse fulgurante à  travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d’ aveugles tentent de survivre à  n’ importe quel prix. Seule une femme n’ a pas été frappée par le blancheur lumineuse. Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l’humanité ?

 

Extrait choisi :

« C’est ma faute, pleurait-elle, et c’était la vérité, impossible de le nier, mais il était vrai aussi, si cela pouvait lui servir de consolation, que si avant chaque acte nous nous mettions à y réfléchir sérieusement, à en prévoir toutes les conséquences immédiates, puis les conséquences probables, puis les conséquences imaginables, nous n’arriverions jamais à bouger de l’endroit où la première pensée nous aurait cloués sur place. Les bons et les mauvais résultats de nos paroles et de nos œuvres se répartissent sans doute de façon relativement uniforme et équilibrée, tout au long des jours futurs, y compris les plus lointains où nous ne serons plus là pour pouvoir le vérifier, pour nous féliciter ou nous excuser, d’ailleurs d’aucuns prétendent que c’est précisément là l’immortalité dont on parle tant. »

Mon avis :

J’avais vu le film de et celui-ci m’avait fort surprise je dois dire ! Cette histoire est dérangeante, et elle fait réfléchir, comment nous comporterions nous à leur place si la vue venait à nous manquer ? Imaginez : être touché d’une cécité blanche d’un instant à l’autre, cécité qui touchera tout le reste du pays aussi ! Un virus qui se propage à une vitesse déconcertante.

Être désemparé, avoir peur, ne rien y voir… Personne ne peut vous aider puisqu’ils n’y voient rien non plus ! Être jetés comme des pestiférés dans un bâtiment en quarantaine sans aucune aide de l’extérieur, comment s’organiser pour manger, se laver, et toutes ces petites choses habituelles, quand on est aveugle ? Mais heureusement, la femme du médecin, elle, ne deviendra pas aveugle et sera la pour en guider certains dans l’ombre…

Un livre facile à lire quoique petite difficulté pour moi absence totale de points, de tirets, de guillemets, de passage à la ligne et j’en passe ! Abondance extrème de virgules ! En effet, le premier contact avec ce roman est assez rude et peut en décourager certains… Mais passé outre cela, nous plongeons lentement de manière angoissante dans un monde qui subit la déshumanisation de tout un peuple !

Il faut aussi préciser que (autre bizarrerie de ce bouquin !) aucun personnages n’a de prénom, ils sont nommés ainsi : « le médecin », « la femme du médecin », « le premier aveugle », « la femme du premier aveugle », « le vieux au bandeau », « la fille aux lunettes de soleil » et « le garçon strabique ».

On s’imprègne facilement des lieux, on se pose beaucoup de questions face a cette déchéance humaine, une histoire plausible pourquoi pas ?! Bref, un livre qui laisse réfléchir ! Finalement, je dirais que ce livre pose la question essentielle suivante : « ne vaut-il pas mieux être aveugle dans un monde devenu fou, plutôt que voir l’indécible? »

Je vous le conseille absolument !

Note : 9/10 (Pratiquement un coup de coeur, Foncez !)

9 - Pratiquement un coup de coeur, Foncez !

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