Sol, les réfugiés du froid de Sylvie Kaufhold

 

Titre : Sol, les réfugiés du froid
Auteur : Sylvie Kaufhold
Edition et parution : Editions du 38, 2017
Nombre de pages : 248

Quatrième de couverture : De dangereux changements climatiques ont profondément modifié la vie des habitants de l’Intérieur. Au cœur de l’hiver permanent, seule la cité bulle de Sol détient le secret de l’éternel printemps. Elle réserve cet incroyable privilège à une population d’élus, descendants des premiers bâtisseurs. Mais tout manquement aux règles édictées par les conseillers et les prêtres conduit au bannissement. Et la première règle est d’ignorer les souffrances des exclus, de ceux qui, exilés des territoires glacés, sont condamnés à choisir entre la mort par le froid ou le supplice des mines de pierre noire. Au sein de la cité comme dans les rangs des exclus, la colère gronde. Marqué par la mort des siens, Inok n’a plus rien à perdre. Il décide de tout faire pour percer le secret du printemps et détruire l’ordre établi par les maîtres de Sol. Habituée des mondes imaginaires, l’auteur d’Allia ou encore des Voleurs de lumière nous entraîne avec Sol dans un univers en mutation, miroir inquiétant de notre société égoïste.

 

« Liane doit à présent rejoindre elle aussi la salle des tuyaux. Son tour de chant approche. À peine quelques couloirs et la voilà assise sur l’estrade, sur l’un des six fauteuils de velours grenat qui entourent en un cercle parfait les grands tuyaux de cuivre qui plongent dans les profondeurs de Sol. Un jeune garçon lui apporte un verre d’un liquide rouge rubis, un reconstituant qui prolonge ses capacités vocales. Voilà des semaines qu’elle vient dans cette salle trois fois par jour prendre son service et elle sait maintenant que sans cette boisson ses cordes vocales ne survivraient pas très longtemps à ces longues heures d’astreinte. Pourtant elle ne l’aime pas, elle devine que le liquide la prive de ses moyens de réflexion, la soumet à la volonté du maître de chant. Son libre arbitre est le prix à payer pour soigner sa voix. Elle déteste l’idée. »

 

Avant toute chose, je tiens à remercier chaleureusement Sylvie Kaufhold de m’avoir permis, grâce à ce Service Presse, de découvrir sa plume envoûtante que je n’aurais probablement pas eu la chance de connaitre, sans cela ! J’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de ses personnages et de son univers. Merci beaucoup ! 😉

Imaginez un monde bouleversé par un changement climatique d’envergure. Un monde où un froid glacial et redoutable conquiert progressivement toutes les terres habitables, chassant les habitants défavorisés vers un Sol, une cité-bulle et le seul endroit où il fait bon vivre puisqu’il est maintenu à la température supportable d’un printemps éternel.

Acculés par le froid, de tout côtés, les immigrés fuient en masse vers cet Eden. Malheureusement, la plupart d’entre eux finiront aux portes de la ville à faire un travail harassant et mortellement dangereux pour extraire le minerai noir qui alimente la température de la cité. En effet, la ville est maintenue close pour celui qui ne fait pas partie de l’élite et n’a pas les moyen de payer son ticket d’entrée. 

Tous les éléments sont réunis ici pour mener à une lutte des classes qui va se mettre progressivement en place lors de ce récit. Forcément, les riches tenteront de garder leurs privilèges sans rien changer à leurs petites habitudes. Tandis que les pauvres vont faire tout ce qui est en leur pouvoir afin de pénétrer au sein de cette cité qui représente leur seul espoir de survie.

Cette lutte sera essentiellement menée par un jeune adolescent de 16 ans extrêmement courageux appelé Inok. C’est avec sa famille qu’il quittera son village natal en quête de la chaleur de Sol. Cependant, n’ayant pas les moyens financiers pour y entrer, leur chemin s’arrêtera aux mines… Cet enfant assistera là-bas aux scènes de souffrances d’un travail harassant et à la mort de nombreux d’entre eux.

C’est au détriment de sa famille, qu’Inok parviendra finalement, à pénétrer dans Sol… Il y découvrira rapidement ce dans quoi il a mis les pieds. Une cité atteinte d’égoïsme profond, bien loin de l’idée qu’il s’en faisait au départ… A commencer par le gouvernement, corrompus jusqu’à la moelle, composé par le premier conseiller et ses sbires : des moines pervertis.

Il constatera bien vite que ce qui se passe en dehors de la ville est complètement occulté à l’intérieur des murs… Le sort des malheureux qui fouillent la mine pour ce minerai essentiel au bon fonctionnement du printemps est totalement zappé des esprits des habitants ! Inok va s’insurger face aux injustices qu’ils subissent de la part de cette cité cruelle et sans âme. Il fera tout ce qu’il peut, pour aider et sauver le plus de monde possible.

Inok est un personnage très attachant et empli d’empathie qui, malgré sa jeunesse, est très mature dans son raisonnement ! Il est d’un naturel humaniste, généreux et courageux. Mon cœur à palpité à l’unisson du sien lors de cette quête pour la liberté et j’étais tellement impatiente de savoir quel sort lui serait réservé, que j’ai dévoré ce roman en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire !

Mon attachement a été le même pour la plupart des autres personnages croisés dans cette histoire, mais en particulier pour Alma, Sven, Liane et Alan. Chacun à leur manière apportent de la profondeur à ce récit. Ils ont tous des rêves et des espoirs d’une vie meilleure et ils ne sont absolument pas à blâmer pour cela ! Pour quelle raison les moins bien nantis, n’auraient-ils pas droit à la chaleur d’un foyer et a un lieu où mettre leurs proches en sécurité ?!

La plume de l’auteure est envoûtante, mais ça je l’ai déjà dit. Elle est également très fluide et précise avec les nombreux détails qui nous permettent de parfaitement nous immerger dans l’histoire. J’avais l’impression d’y être ! Sylvie Kaufhold donne vie à son univers et à ses personnages avec un grand talent des mots. C’était savoureux !

Mais malheureusement un peu court ! Hé oui, ce sera ça mon seul regret en achevant cette lecture. je suis d’avis qu’elle aurait bien mérité quelques centaines de pages en plus ! Je croise, donc, les doigts dans l’espoir d’un éventuel tome 2. On ne sait jamais ! ^^

Voilà à l’issue de cette chronique, vous comprendrez que je vous conseille absolument « Sol, les réfugiés du froid ». C’est une excellente dystopie qui porte à réfléchir et qui ne vous laissera pas indemnes.

 

9/10 ( Pratiquement un coup de cœur, Foncez !)

Un commentaire à Sol, les réfugiés du froid de Sylvie Kaufhold

  • David  dit:

    Je note aussi celui-ci donc^^. Mais si les ambiances froides ont tendances à faire fuir généralement^^

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