Ma mère, mon bourreau de Julie Gregory

 

Titre : Ma mère, mon bourreau
Titre original : Sickened
Auteur : Julie Gregory
Edition et Parution : Archipoche, 2011
Nombre de pages : 310

Quatrième de couverture : Depuis toute petite, Julie est une enfant fragile qui passe plus de temps en visite chez les médecins et en examens dans les hôpitaux que sur les bancs de l’école. Ce mal étrange dont elle souffre et que seule sa mère sait décrire ne trouve pas, en dépit des médicaments ingurgités, des traitements lourds infligés, des spécialistes consultés, de remède. Tout simplement, peut-être, parce que Julie n’est pas malade…Le syndrome de Münchchausen par procuration est une des formes les plus méconnues – car des plus indétectables – de maltraitance. Le témoignage poignant, terrifiant d’une enfant victime de l’amour.

 

« En ce temps-là , papa me faisait penser à un lamantin : énorme, la peau douce, aussi propre que s’il venait de passer au lavage automatique. Son ventre tendu et rebondi laissait apparaître une peau blanche et blafarde comme la glaise. Il n’entendait rien, ne voyait rien, ne pensait rien. Seuls des éclats de rire sporadiques manifestaient sa présence dans l’obscurité du salon. Un jour, vers l’age de sept ans, j’étais sur le point de m’endormir quand j’entendis papa hurler : « Douillette ! Douillette ! » Je me levai d’un bond en pensant qu’il y avait le feu et dévalai le couloir, manquant glisser à chaque pas à  cause de mon pyjama fermé au niveau des pieds.
– Tu veux bien me préparer un toast ? demanda-t-il sans même me regarder.
Les doigts tranquillement croisés sur la poitrine, ses lourds mollets appuyés sur les charnières à  tête de tortue du repose-pied de son fauteuil inclinable, papa ne quittait jamais l’écran de la télé des yeux.
Hormis les sorties chez le docteur, nous restions la plupart du temps à  la maison. En fait, notre vraie vie – là -bas, dans l’impasse au bout du chemin de terre – n’avait rien à  voir avec l’image que nous donnions à  l’extérieur. Je possède une photo de nous tous, à l’époque où j’avais à  peu près onze ans et Danny à  peine quatre, près des Chutes du Niagara. On nous voit tous les quatre, debout dans un faux tonneau sur le point de chavirer dans les eaux des Chutes, arborant des sourires aussi faux que les remous qui nous entourent. Mes cheveux sont teints en blond et je suis vêtue à la dernière mode. Visiblement, je respire le bonheur. »

 

C’est une histoire révoltante est pourtant réelle… Celle d’une enfant et de sa mère atteinte d’une maladie psychologique dont vous aurez peut-être déjà entendu le nom : le syndrome de Münchhausen par procuration.

Lorsqu’une mère est atteinte par ce terrible syndrome. Elle essaie par tous les moyens et de manière délibérée de rendre son enfant malade afin d’attirer l’attention sur sa propre personne et se faire plaindre. Ce qui lui apporte une certaine satisfaction personnelle.

C’est la petite Julie, elle-même qui nous raconte son histoire, chose qui est assez rare, puisque la plupart des enfants qui ont une mère « Bourreau » s’en sortent rarement. Une enfance bouleversée par la maladie de sa mère.

Son témoignage est choquant et poignant, pourtant il est impossible de le lâcher avant de l’avoir terminé ! On y ressent toute la souffrance que cette enfant a vécu et on n’a qu’une seule envie, que son cauchemar cesse et que cette mère indigne soit rapidement démasquée et punie.

Malheureusement trop peu de livres existent sur ce sujet, mais le témoignage de Nathalie nous apporte une approche unique sur cette maladie. Au fil des mots et avec beaucoup de subtilité et d’émotion, elle nous emporte dans un monde où on ne peut même plus faire confiance à sa propre mère.

J’aurais cependant apprécié d’avoir plus d’explications concernant les mécanismes de cette maladie. En effet, hormis quelques pages de préface informatives écrites par un médecin, j’aurais aimé avoir droit à une annexe comprenant des adresses ou numéros utiles, etc.

Un témoignage que je conseille, car on connaît bien peu de choses, au final, du mal qui est relaté ici… Ce livre permet de voir la capacité des hommes à être sombres et cruels parfois. Il fait réfléchir sur le genre humain.

 

…/10 (Désolée, mais je ne préfère pas attribuer de note aux histoires vraies qui relatent de telles souffrances, je ne les note pas par respect pour ces personnes ainsi que pour leur histoire vécue… Merci de votre compréhension).

 

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